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L'HISTOIRE DES FRERES BERNARDET

L'UNION DE TROIS FRÈRES

L'histoire a retenu le nom des trois frères Bernardet,
unis dans une aventure industrielle des années 1920 à 1959,
période pendant laquelle ils ont fait figure d'innovateurs, de précurseurs et d'inventeurs.
Ils avaient acquis une notoriété internationale dans la fabrication de side-cars puis de scooters.

Ci-dessus : Roger, René et Robert Bernardet en 1952.
 


En réalité, les frères Bernardet étaient quatre : André, l'aîné, René, Robert et Charles.


André (1897-1975), l'aîné, naquit à Boulogne-sur-Seine. En 1898, la famille Bernardet déménagea à Soissons dans l'Aisne où naquit René le 29 mai 1898, Robert le 8 novembre 1899, puis Charles le 26 juillet 1902.
Nous reparlerons d'André dans la partie Courses de Scooters.

Événement parallèle, 1898 était l'année de la première Exposition d'Automobiles dans le Jardin des Tuileries, à Paris. Cette automobile qui, pour l'instant, faisait peur aux gens, bien que 140.000 visiteurs défilèrent dans les allées admirant les 269 premiers exposants, dont Armand Peugeot et Louis Renault.

En 1910, leur mère Hélène (1875-1974), femme de fort caractère et personnage dominant de la famille, estima que Soissons ne convenait plus à leurs projets d'avenir, elle décida son mari Henri (1870-1955), chauffagiste de son état, de déménager à Paris, dans le 14e arrondissement.

En 1914, la guerre éclat ; Henri fut le premier mobilisé à l'âge de 44 ans. Puis, au cours de ces quatre années, André, René et Robert furent aussi mobilisés. Charles, le plus jeune, n'avait que 12 ans.

4 frères communiants
Juillet 1914, en habits d'enfants de cœur,
René (15 ans), Robert (14 ans), Charles (12) et André (16).

René (1898-1991), était employé à la firme Nieuport en qualité de “spécialiste” aux prototypes des avions de chasse ; il fut affecté dans l'Aviation. Bien qu'étant de la classe 1918, il fut appelé en mars 1917 pour rejoindre l'école d'Aviation, à Tours. Après 10 mois d'école, il entra à l'Escadrille BR43 de Bulainville, à l'entretien des avions au sol jusqu'à la fin de la guerre, où il apprit le travail de la tôle, de la mécanique et retiendra ses leçons d'aérodynamique.
René avait un bon coup d'oeil et le dessin facile. Il devient le concepteur-dessinateur des modèles de la marque.

Robert
(1899-1978) entra dans l'Aviation à Villacoublay. Il s'occupa plus tard de la partie mécanique de l'aventure.

Charles
(1902-1996), effectua son service militaire dans les Services Techniques de l'Aviation, en 1922 à Versailles. Il s'affirma comme l'administrateur, le gestionnaire.

 

La paix retrouvée à la fin de la Première Guerre Mondiale, Hélène et Henri Bernardet, tous épargnés par les malheurs, découvrirent le génie inventif de leurs enfants qui chercherent constament à innover.

Pour occuper leurs dimanches, les trois frères adoraient et pratiquaient le cyclisme, sport attirant déjà de nombreux spectateurs le long des routes.

Mais en tant que soldats, ils avaient connu les motos. Ils s'achetèrent une Harley-Davidson aux surplus de l'Armée Américaine et trouvèrent le side-car américain d'origine assez laid.

En 1921, René et Charles décidèrent de construire un premier side-car.
Deux autres side-cars furent produits en 1922. Au gré de leurs promenades dominicales, les commandes arrivèrent. Très vite, la fabrication artisanale prit de l'ampleur et ils participèrent à des expositions.
Les modèles exposés aux Salons de Paris, Genève et Berlin étaient un succès.
Fin 1924, leur frère Robert se joignit à eux.

Disposant de moyens encore modestes, ils créèrent entre eux un “gentleman agreement”, leur imposant "d'unir leurs efforts, leurs peines, soins et tous moyens financiers au développement de l'affaire qu'ils viennent de créer". Une clause particulièrement dure leur imposait le célibat avant la réussite.

Cette réunion dura plus de trente ans.

En 1925, ils commencèrent à participer à des épreuves sportives.
Leur atelier est à Bourg-la-Reine (92). Les Salons de 1930 et 1931 leur apporta une renommée jusqu'en Belgique, Hollande, Suisse, Allemagne et Russie.
La presse leur confirmait leur position de LEADER dans l'industrie du side-car français.

Pour pouvoir s'affirmer commercialement, il leur fallait un nom. Charles décida alors d'utiliser son deuxième prénom Roger pour former le symbole que nous connaissons depuis, les 3 R de René, Robert et Roger.

les 3 frères Bernardet
De gauche à droite :
Roger, René et Robert Bernardet
devant l'entrée de l'Atelier de Bourg-la-Reine en 1930,
side-car attelé à une Gnome et Rhône 500 D4.
Assise dans le side-car, Yvonne Bernardet, à l'époque secrétaire, épousa Roger en 1932.
 
La S.à.r.l. "établissements BERNARDET Frères" fut fondée le 7 décembre 1932.
 

Pour célébrer leur réussite, ils décidèrent de tous se marier religieusement le même jour, le 21 décembre 1932, à l'église St-Pierre de Montrouge à Paris, 14e, dite église d'Alésia.

Le mariage, suivi par une foule importante, fut largement commenté dans la presse motocycliste.
Les Bernardet étaient désormais six !

Les années 1933 à 35 furent fructueuses : les ventes, les courses, les grands raids, les records...
En 1935, Bernardet était le seul fabricant de side-cars en Europe à détenir 22 records du monde, dont un toujours valable en janvier 1964, dont nous cherchons la trace.
1935-36 fut le début des fabrications de side-cars pour l'Armée Française. Des milliers de side-cars de tous types furent fournis.

Pour faire façe à leur expansion, ils firent construire, en 1937, une grande usine de plus de 6.000 m2 au 104, avenue de la République, à Chatillon-sous-Bagneux (92).
C'était l'une des premières en France à être dotée d'une chaîne de montage.

Au retour de l'exode en Juillet 1940, ils reprirent possession de leur usine intacte.
En Août 40, ils furent réquisitionnés par les Allemands, pour lesquels ils furent contraints de fabriquer des modèles spécifiques. La Résistance s'installa au sein de l'Usine.


Mais à la Libération, l'Usine n'avait plus aucune commande en cours. Il leur fallut pourtant continuer une petite production de side-cars, trouver des nouvelles idées...
Contruire une voiture ? Ou observer un nouveau véhicule étrange à 2 roues venu d'Italie ?

Découvrez la suite de cette aventure industrielle...